Référé : l’occupation sans droit ni titre du bien d’autrui constitue un trouble manifestement illicite

Procédure d’expulsion

Arrêt n° 1361 du 21 décembre 2017 (16-25.469) – Cour de cassation – Troisième chambre civile – ECLI:FR:CCASS:2017:C301361

RÉFÉRÉ

Cassation

Demandeur : Office public de l’habitat – Habitat Toulouse, établissement public à caractère industriel et commercial
Défendeurs : M. Youssef X… ; et autres 


Sur le premier moyen, pris en sa première branche :

Vu l’article 849, alinéa 1er, du code de procédure civile ;

Attendu, selon l’arrêt attaqué (Toulouse, 6 juillet 2016), rendu en référé, que l’Office public de l’habitat – Habitat Toulouse (Habitat Toulouse), propriétaire d’un ensemble immobilier, a assigné en expulsion M. et Mme X… ;

Attendu que, pour dire n’y avoir lieu à référé, l’arrêt retient qu’une mesure d’expulsion, qui aurait pour effet de placer M. et Mme X… dans une plus grande précarité, s’agissant de ressortissants syriens ayant été contraints de quitter leur pays d’origine, caractériserait une atteinte plus importante au droit au respect du domicile de M. et Mme X… que le refus de cette mesure au droit de propriété de Habitat Toulouse, et serait, à l’évidence, dans les circonstances de l’espèce, de nature à compromettre l’exercice par ceux-ci de leurs droits consacrés par l’article 8 de la Convention de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales, de sorte que le trouble allégué est dépourvu de toute illicéité manifeste ;

Qu’en statuant ainsi, alors que l’occupation sans droit ni titre du bien d’autrui constitue un trouble manifestement illicite, la cour d’appel a violé le texte susvisé ;

PAR CES MOTIFS, et sans qu’il y ait lieu de statuer sur le second moyen :

CASSE ET ANNULE, en toutes ses dispositions, l’arrêt rendu le 6 juillet 2016, entre les parties, par la cour d’appel de Toulouse ; remet, en conséquence, la cause et les parties dans l’état où elles se trouvaient avant ledit arrêt et, pour être fait droit, les renvoie devant la cour d’appel de Bordeaux ;


Président : M. Chauvin
Rapporteur : Mme Méano, conseiller référendaire
Avocat général : M. Sturlèse
Avocats : SCP Boullez

Par | 2018-01-30T15:17:21+00:00 janvier 30th, 2018|Expulsion Paris|0 commentaire